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Tout propriétaire souhaite posséder un chien en excellente santé. C’est pourquoi je m’attarderai plus longuement sur ce point afin de vous démontrer que
les responsabilités d’un bon éleveur sont fondamentales pour veiller au respect de la race.

La dysplasie de la hanche.

La dysplasie touche essentiellement les chiens de grande taille et donc l’Altdeutsche Schäferhund. Elle concerne les articulations de la hanche et du coude.

Qu’est-ce que la dysplasie de la hanche chez le chien ?

La dysplasie de la hanche (Hip Dysplasia = HD) est une malformation de l’articulation coxofémorale : la tête du fémur ne s’emboîte pas parfaitement dans sa cavité. Il en résulte un mouvement erroné du postérieur, qui s’observera de manière plus ou moins frappante. La dysplasie de la hanche concerne surtout les chiens de moyenne et grande taille. Le poids du chien augmente le facteur de risque.

Quelles sont les causes de la dysplasie ?
  1. La dysplasie de la hanche chez le chien est une affection héréditaire. On la rencontre plus fréquemment chez les chiens de grande et moyenne race. Le labrador et golden retriever, le Berger Allemand, le Rottweiler en sont plus souvent atteints mais cette liste est loin d’être exhaustive !

    L’affection est liée à des anomalies sur de nombreux gènes, ce qui la rend difficile à éradiquer par la sélection génétique pratiquée par les éleveurs.
    La dysplasie figure d’ailleurs sur la liste des vices rédhibitoires du chien.

  2. Il est reconnu que des facteurs extérieurs, autres que la seule transmission héréditaire, sont également impliqués dans l’apparition de la maladie tels que:

    • l’excès d’exercice chez les chiots avant la fin de leur croissance,
    • une alimentation mal équilibrée trop riche en énergie et/ou trop riche en calcium,
    • des traumatismes articulaires chez les chiots provoqués par des chutes (sol glissant, sauts mal réceptionnés…).

    Cela sous-entend qu’il est donc possible de prévenir l’apparition d’une dysplasie en prodiguant une alimentation équilibrée et de bonne qualité au chien, adaptée à son âge et à sa race et en ménageant les chiots pendant leur période de croissance. Il faut en effet éviter de leur faire pratiquer des activités physiques intensives, trop longues ou avec risque d’impact.

Quels sont les signes de la dysplasie chez le chien ?

Les signes de la dysplasie sont variés et peu spécifiques. On peut observer chez un chien dysplasique un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • un fessier peu musclé et les os des hanches saillants,
  • une démarche chaloupée avec un dandinement de l’arrière train surtout observable chez le chiot,
  • une façon de courir inhabituelle avec les deux pattes arrière qui reviennent en même temps à la façon d’un lapin,
  • une raideur et/ou des difficultés à se relever,
  • une boiterie plus marquée après une période de repos,
  • des difficultés pour sauter ou pour monter un escalier.

Comment dépister la dysplasie ?

Pour confirmer la présence ou pas d’une dysplasie, le vétérinaire devra pratiquer une radiographie.

La radiographie est la seule technique qui permette de poser un diagnostic de dysplasie de la hanche chez un chien.
Le chien doit être bien positionné car l'objectif est d'obtenir une image parfaitement symétrique du bassin sur laquelle les fémurs soient parallèles entre eux et parallèles à la colonne vertébrale. Pour cela, on pratique une anesthésie de l'animal, on le place sur le dos et on tire très fortement les postérieurs pour les étendre au maximum avec une légère rotation en dedans pour obtenir le parallélisme.
D'une façon générale, la radiographie de la hanche ne se réalise qu'à partir de 12 mois, âge à partir duquel on peut considérer que le diagnostic est fiable.
L'interprétation du cliché se fait d'une part en observant l'acétabulum, l'espace articulaire, la tête et le col du fémur, et d'autre part en mesurant un angle bien défini, l'angle de Norberg‐Olsson, cet angle étant formé par la droite joignant les deux centres des têtes fémorales et par la droite tracée entre le centre de la tête et le point le plus externe du rebord crânial de la cavité acétabulaire.

Stades de la dysplasie.

La lecture des radiographies permet d'établir le diagnostic suivant différentes classifications.

Les dysplasies sont classées selon 5 types, notées de A à E, de l’absence de dysplasie à la dysplasie grave.

Le stade sera déterminé par la mesure de l’angle de NORBERG-OLSSON.

Détermination de l’angle de NORBERG-OLSSON :

L’angle de NORBERG-OLSSON donne une idée de la couverture de la tête par l’acétabulum et de la pénétration de la tête au fond de la cavité acétabulaire.

  • la droite joignant les centres des têtes fémorales,
  • la tangente à l’angle cranio-acétabulaire tracée depuis le centre de la tête fémorale.

L’angle de NORBERG-OLSSON doit être supérieur ou égal à 105°

Hanche normale :

  • bonne concordance articulaire, interligne articulaire régulier,
  • cavité acétabulaire profonde,
  • angle cranio-acétabulaire enserrant la tête fémorale,
  • tête du fémur arrondie.

Stade A :

Indemne. Aucun signe de dysplasie coxo-fémorale. Angle NO ≥ 105°

La coaptation (ajustement) entre la tête fémorale et l’acétabulum est parfaite.

Stade B :

Stade intermédiaire. Angle NO entre 100 et 105°

2 cas de figure :
  1. Angle NO > 105° : La coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum est imparfaite.
  2. Angle NO compris entre 100 et 105° : La coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum est parfaite.

Stade C :

Stade I - Dysplasie coxo-fémorale légère. Angle NO entre 100 et 105°

La coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum est parfaite. Présence éventuelle de légers signes d’arthrose.

Stade D :

Stade II - Dysplasie coxo-fémorale moyenne. Angle NO entre 100 et 90°

Mauvaise coaptation entre la tête fémorale et l’acétabulum associée à des déformations osseuses. Présence éventuelle de signes d’arthrose.

Stade E :

Stade III et IV - Dysplasie coxo-fémorale sévère. Angle NO < 90°

Déformations osseuses importantes et présence d’arthrose.

Stade III : Subluxation : La tête fémorale est triangulaire.

Stade IV : Luxation : La tête fémorale est aplatie.

Remarque :

Les deux hanches peuvent être atteintes à des stades différents, par exemple B à gauche et C à droite. Pour le chien, c'est le stade de la hanche la plus atteinte qui donnera la classification. Dans ce cas, le chien sera déclaré C.

Peut-on soigner la dysplasie de la hanche chez le chien ?

Le traitement de la dysplasie peut être médical ou chirurgical.

  1. Le traitement médical de la dysplasie

    Il repose sur le traitement habituel de l’arthrose :

    • Utilisation de médicaments anti-inflammatoires visant à limiter la douleur et qui peuvent être administrés de façon prolongée sans trop d'effets secondaires.
    • Utilisation de compléments alimentaires (chondroprotecteurs) pour retarder l’évolution de l’arthrose.
    • Donner une alimentation équilibrée pour éviter un excès de poids.
    • Procurer un exercice physique régulier et adapté.
    • Eviter de l’exposer à certaines conditions climatiques, comme le froid et l’humidité.
    • D'autres traitements : l'homéopathie ou la phytothérapie.
  2. Le traitement chirurgical de la dysplasie

    Dans les cas les plus graves, on pourra avoir recours à la chirurgie et diverses techniques sont envisageables allant jusqu'à la pose d'une prothèse de hanche, mais des considérations économiques seront alors à prendre en compte.

    Les techniques d’intervention chirurgicales pour traiter la dysplasie de hanche sont nombreuses. Elles sont choisies par le vétérinaire, au cas par cas, en fonction de la gravité de la maladie et de l’âge de l’animal. Parmi ces techniques, on peut citer :

    • Résection de la Tête et du Col du Fémur : retrait de la tête et le col du fémur. Cette opération supprime l’articulation de la hanche. On ne la pratique que chez les chiens qui présentent des douleurs à la hanche non soulagées par les traitements médicamenteux.
    • Triple ou la Double Ostéotomie du Bassin consiste à recréer une articulation de hanche normale en pratiquant une découpe des os du bassin. Cette opération est réservée aux jeunes chiens dépourvus d’arthrose car elle ne permet pas de la supprimer.
    • Prothèse de hanche permet de recréer une articulation parfaite de la hanche. Elle consiste à remplacer la tête du fémur et la cavité de l’os du bassin qui la reçoit par des implants artificiels. Elle est très onéreuse mais permet au chien de ne plus souffrir après l’opération et donc de se passer à vie de traitement anti-inflammatoire.

La dysplasie du coude.

La dysplasie touche essentiellement les chiens de grande taille et donc l’Altdeutsche Schäferhund. Elle concerne les articulations de la hanche et du coude.

Qu’est-ce que la dysplasie du coude chez le chien ?

La dysplasie du coude du chien (Elbow Dysplasia en anglais = ED) est une maladie provoquée par des troubles de la croissance des os de l'articulation du coude.

Elles provoquent la boiterie et l’arthrose. Elle touche principalement les chiens de grande taille ou de taille moyenne.

Le coude est une articulation qui se compose de trois os : l'humérus, dans le haut du membre du chien ; le radius et l'ulna, dans le bas du membre.

La dysplasie résulte de la croissance anormale de ces trois os ou d’un trouble du développement du cartilage dans l'articulation.
La dysplasie du coude peut apparaître chez le chiot dès l'âge de 5 à 8 mois.

Quelles sont les causes de la dysplasie ?

Plusieurs facteurs rentrent en considération dans l’apparition d’une dysplasie du coude. Les deux grandes causes retrouvées sont :

  1. une prédisposition génétique : Les parents porteurs des gènes de la dysplasie le transmettent à leurs progénitures. Toutefois, cette affection ne se déclenche pas chaque fois, d’où la difficulté de l’éliminer par sélection génétique.
  2. l’impact du milieu et de l’environnement :Il est essentiel de limiter l’exercice physique, de surveiller avec attention le poids de l’animal et de veiller à donner une alimentation spécialisée pour les chiens à croissance rapide.

Remarque :

Il n'y a aucun lien génétique entre la dysplasie du coude et celle des hanches. Une lignée de chiens peut donc posséder une qualité impeccable au niveau des hanches mais avoir à la fois des coudes très sérieusement affectés.

Elle est également moins fréquente que celle-ci. Très douloureuse, elle provoque l'étirement des articulations et une importante arthrose.
Des radiographies de dépistage avec certification officielle par l'OVC et l'OFA devraient être faites chez les éventuels reproducteurs entre l'âge de 18 et 24 mois.

Quels sont les signes de la dysplasie chez le chien ?

La dysplasie du coude est identifiée principalement par une boiterie de l’un ou des deux membres antérieurs. Elle est plus prononcée après les activités physiques. On peut aussi observer que le membre touché subit une légère rotation externe.

La boiterie survient généralement dans lors de la croissance du chien, avant l’âge d’un an, mais il est possible qu’elle se produise plus tard lorsque la gravité de la dysplasie est faible.

L’inflammation dans l'articulation provoque une dégradation irrémédiable du cartilage. Elle provoque une douleur et entraîne l'apparition progressive d'arthrose qui limitera les mouvements de l’animal.

Comment dépister la dysplasie ?

Dès les premiers symptômes, le vétérinaire se chargera d’effectuer un examen de l’articulation. Il devra réaliser un examen orthopédique et des radiographies des coudes. Le protocole d'examen nécessite d'anesthésier l'animal afin de réaliser des clichés radiographiques de bonne qualité. Un scanner du coude est également possible mais est plus onéreux.

Les résultats mettront en évidence l’ampleur de la dysplasie et la nature des lésions.

Le dépistage peut s'effectuer dès l'âge de 6 mois mais certains clubs de race exigent des radiographies réalisées après l'âge de 12 mois pour un dépistage officiel.

Stades de la dysplasie.

Il existe cinq stades de « gravité » pour la dysplasie du coude :

  1. Grade 0 : Pas de dysplasie. Le coude est normal et le chien est indemne.
  2. Grade SL : A la limite de l’acceptable. Le coude possède un léger défaut.
  3. Grade DC1 : Dysplasie légère. Le chien souffre d’arthrose légère.
  4. Grade DC2 : Dysplasie moyenne. L’arthrose est modérée et le tissu osseux est moyennement altéré.
  5. Grade DC3 : Dysplasie sévère. L’arthrose est sévère et le tissu osseux est très altéré.

Peut-on soigner la dysplasie du coude chez le chien ?

Le traitement de la dysplasie peut être médical ou chirurgical.

  1. Le traitement médical de la dysplasie.

    Le traitement médical ne permet pas de guérir le chien. Il vise à améliorer le confort de l'animal et à ralentir la progression de l'arthrose. Il passe par :

    • Un exercice physique modéré et adapté.
    • Une surveillance du poids de l'animal.
    • L’administration de chondroprotecteurs (compléments alimentaires qui retardent l’apparition de l’arthrose), qui limitent la dégradation du cartilage.
    • Anti-inflammatoires pour réduire la douleur.
    • L’Ostéopathie et l’acupuncture.
  2. Le traitement chirurgical de la dysplasie.

    La visualisation précise des lésions à l'aide des examens d'imagerie permet de savoir si la dysplasie peut être traitée chirurgicalement. Selon le type de lésion, le chirurgien orthopédiste peut avoir recours à différentes techniques :

    • retrait des fragments osseux sous arthroscopie ;
    • fixation du processus anconé ;
    • ostéotomie ulnaire.

    Attention :

    L'intervention chirurgicale doit être la plus précoce possible pour éviter que les complications, et notamment l'apparition d'arthrose, ne soient trop avancées.
    Idéalement, la chirurgie doit avoir lieu avant l'âge d'un an.

La myélopathie dégénérative ou MD

Qu’est-ce que la myélopathie dégénérative ?

La Myélopathie Dégénérative (MD) est une dégénérescence des cellules nerveuses de la moëlle épinière, principalement thoracique, qui conduit, entre 8 et 14 ans, à une perte de coordination puis à une paralysie progressive des membres postérieurs.

Les premiers symptômes se traduisent par une démarche oscillante et une faiblesse des membres. Le chien traine les pattes, a des difficultés à rester debout et à se déplacer. Le chien devient paraplégique et développe éventuellement une paralysie des membres antérieurs.

Cette maladie peut être confondue avec une hernie discale ou avec une dysplasie de la hanche

Quels sont les signes de la MD ?

Les symptômes apparaissent vers l'âge de 9 ans. Dans un premier temps, l'animal atteint présente des troubles de l'équilibre et une faiblesse des membres postérieurs. Les symptômes s'aggravent progressivement conduisant à une paralysie des membres postérieurs, puis les membres antérieurs sont aussi touchés et on finit par observer une paralysie des quatre membres. A ce stade l'animal a du mal à manger, n'arrive parfois plus à aboyer et présente une incontinence urinaire et fécale.

Quelles sont les causes de la MD ?

Comme de nombreuses maladies liées au système nerveux, on ne sait pas exactement ce qui peut causer la myélopathie dégénérative. La première cause de myélopathie dégénérative du chien est génétique, puisqu'il s'agit d'un trouble héréditaire. Des mutations du gène SOD1 du chromosome 31 du chien ont été identifiées comme à l'origine de cette pathologie. On considère cependant que d'autres facteurs, non identifiés, peuvent déclencher cette pathologie.

Tous les chiens peuvent être victimes de cette pathologie. Néanmoins, les grandes races de chiens sont le plus souvent prédisposées à cette maladie nerveuse.

Comment dépister la MD ?

Il n’y a pas de test spécifique pour diagnostiquer la myélopathie dégénérative quand les signes cliniques sont présents. Il s’agit plutôt d’un diagnostic d’exclusion. Idéalement, une imagerie par résonance magnétique (IRM) est effectuée afin d’éliminer les autres pathologies pouvant affecter la moelle épinière.

Le diagnostic peut cependant être fait préventivement pour connaitre avant l’apparition des signes cliniques si le chien est porteur ou non des gènes responsables de la MD.

A l’aide d’un simple frottis buccal ou d’une prise de sang envoyée au laboratoire, le vétérinaire effectue un test ADN puis le test DM, qui permet de déterminer si le chien testé est homozygote normal (sain), hétérozygote (porteur sain) ou homozygote muté (atteint).

Un test ADN facile à réaliser.

Un test ADN fiable permet de dépister les reproducteurs, d’adapter les accouplements pour éviter de faire naître des chiots atteints et de propager la maladie dans la race.

Chaque gène étant composé de 2 parties (une issue de la mère, et une issue du père), il existe pour tous les résultats des combinaisons possibles à partir de ces deux parties appelées « allèle ». Chaque allèle sain ou malade est potentiellement transmissible à la descendance.

Les résultats du test sont de 3 sortes :

  1. « DM/DM »dit Homozygote pour la mutation du gène = AFFECTÉ : risque élevé d’avoir les symptômes de la maladie myélopathie dégénérative.
  2. « DM/N » dit Hétérozygote pour la mutation du gène = PORTEUR : aucun risqued’avoir les symptômes de la maladie myélopathie dégénérative mais peut transmettre le gène à sa descendance.
  3. « N/N » dit Homozygote pour le gène normal = NORMAL : aucun risque d’avoir les symptômes de la maladie myélopathie dégénérative, ni de les transmettre à sa descendance.

Si l’animal est porteur du gène muté, cela ne signifie pas que les signes cliniques observés sont dus nécessairement à la myélopathie dégénérative, mais bien que l’animal est susceptible de développer la maladie au cours de sa vie.

Les différents types de profil et la reproduction en fonction.
Génotype Identification Reproduction Compatible avec Risque de transmission
DM / DM Homozygote atteint Oui N / N seulement 100%
DM / N Hétérozygote Oui N / N seulement 50%
N / N Homozygote sain Oui N / N et DM / N 0%
Tableau des accouplements possibles.

Tous les mariages conduisant à des chiens atteints sont interdits par l’UCFAS.

Génotype N / N (Sain) N / DM (Porteur) DM / DM (Atteint)
N / N (Sain) 100% sains 50 % sains
50% porteurs
100 % porteurs
N / DM (Porteur) 50 % sains
50 % porteurs
25% sains
50% porteurs
25% atteints
50 % porteurs
50 % atteints
DM / DM (Atteint) 100 % porteurs 50% porteurs
50% atteints
100 % atteints

Dans le but d’enrayer et d’éviter le développement de cette maladie, l’UCFAS recommande que tous les chiens atteints ou porteurs soient mariés avec des chiens sains uniquement.

Quels sont les traitements ?

Il n’existe pas de traitement spécifique connu ce jour. Le vétérinaire vous conseillera cependant d’améliorer la qualité de vie de votre chien durant ses derniers mois, en maintenant une activité physique afin de limiter la perte musculaire. Ces attentions ne seront cependant pas en mesure d'arrêter ou de ralentir la maladie. A terme, la paralysie sera inévitable.

La sensibilité médicamenteuse ou MDR1

Qu’est-ce que la toxicité médicamenteuse liée au gène MDR1 chez le chien ?

L’administration de certains médicaments, même à dose normale, conduit à une neurotoxicité chez les chiens présentant une sensibilité médicamenteuse d’origine génétique.
Le gène MDR1 (Multi Drug Resistance-appelé ABCB1) est responsable dans l’organisme de la synthèse d’une protéine, appelée glycoprotéine P.

Le rôle de la glycoprotéine P est d’expulser les molécules toxiques hors du système nerveux central. Elle s’oppose à la pénétration de nombreux médicaments dans le cerveau. En cas de mutation du gène MDR1, elle devient inactive et ne peut plus remplir sa fonction de neuroprotecteur. Les molécules impliquées s’accumulent dans le cerveau et deviennent toxiques jusqu’à devenir mortelles pour l’animal.

Quelles sont les races prédisposées ?

Le Berger allemand, le Berger blanc suisse, le Berger australien, le Bobtail, le Border collie, le Colley, le Shetland, le Silken Windhound, le Wäller, le Whippet à poils long.

Comment se transmet-elle ?

La mutation du gène MDR1 se transmet selon le mode autosomal récessif :

Un caractère génétique est dit à transmission autosomique récessive quand :

  • le gène impliqué est porté par un autosome (chromosome non sexuel, ni X, ni Y chez les organismes à système XY de détermination sexuelle) ;
  • le phénotype associé de ce caractère est récessif (la présence de deux allèles identiques est indispensable pour que le caractère s'exprime).

L'un des deux allèles est transmis par le gamète mâle, l'autre par le gamète femelle.

Il existe 3 seuils de sensibilité :

  • MDR1 +/+ : chien non porteur de la mutation dit «sain».
  • MDR1 +/- : hétérozygote. Le chien est porteur sain de la mutation génétique, il convient cependant de rester prudent. Les risques sont modérés.
  • MDR1 -/- : homozygote muté. Le chien est porteur de la mutation génétique, les risques sont mortels.

Les hétérozygotes sont moins sensibles, mais peuvent quand même présenter des signes cliniques d’intoxication, de moindre ampleur, ou pour des doses plus élevées de médicaments. Il est vivement conseillé de prendre autant de précautions avec les chiens hétérozygotes qu’avec les chiens homozygotes mutés.

MDR-1 Mère Non porteuse : (+) Mère Porteuse (-)
Père Non porteur (+) Sain (+ / +) Porteur (+ / -)
Père Porteur (-) Porteur (- / +) Atteint (- / -)

Un test génétique permet de dépister les chiens porteurs de la mutation.
Un chien hétérozygote ne porte qu’un allèle muté. Il transmettra la mutation à 50 % de sa descendance et il présente un risque modéré d’intoxication médicamenteuse. Un chien homozygote est porteur de deux allèles mutés. Il transmettra la mutation à tous ses descendants et il présente un fort risque d’intoxication médicamenteuse.

Quelles sont les symptômes ?

Les circonstances d’intoxication aux molécules concernées par la mutation du gène MDR1 sont le plus souvent accidentelles, soit par ingestion d’un médicament laissé à la portée du chien et non destiné à celui-ci, soit dues à l’automédication par les propriétaires.

Les signes cliniques dépendent de la molécule en cause, de la dose, de la race, de l’âge et bien sûr du statut homozygote ou hétérozygote. Ils apparaissent le plus souvent dans les 48 heures qui suivent l’administration. Les principaux symptômes sont :

  • Des troubles du système nerveux central, dominés par des troubles locomoteurs (ataxie, parésie ou paralysie), une dépression du système nerveux central (prostration, convulsions, voire coma), ou une stimulation neuromusculaire (tremblements).
  • Des troubles oculaires : mydriase, cécité/amaurose.
  • Des troubles digestifs avec une hypersalivation, des vomissements, des régurgitations et de l’anorexie.
  • La mort de l’animal.
Quelles sont les précautions à prendre ?

Soumettre votre animal à un dépistage préventif (frottis buccal) auprès d’un laboratoire.

Si votre animal est atteint, toujours prévenir votre vétérinaire d’un risque éventuel avant la moindre injection, anesthésie, ou prise de médicaments.

En cas de reproduction, il est important de dépister les reproducteurs pour adapter les accouplements afin d’éviter de faire naître des chiots homozygotes mutés.

Quelles sont les médicaments à éviter ?
  • les antiparasitaires à base d’Ivermectine
  • Les antidiarrhéiques à base de Lopéramide
  • Certains anticancéreux à base de Doxorubicine, Vinblastine, Vincristine.

Il convient aussi d’éviter les anesthésies injectées et donc de demander obligatoirement une anesthésie gazeuse ! Un chien MDR1 -/- n’y survivrait pas !

Traitement de la toxicité médicamenteuse liée au gène MDR1chez le chien.

Il n'existe pas d'antidote efficace notamment à une intoxication aux avermectines.

Le traitement repose sur une réanimation médicale générale, l'administration répétée de charbon végétal activé, une nutrition assistée, une réhydratation adaptée, …